Jules Pasquier à propos du conseil parisien de la jeunesse

Monsieur le Maire, Chers conseillers parisiens pour la jeunesse,

Si je suis nouvel élu dans ce conseil de Paris, je sais à quel point votre intervention annuelle dans notre enceinte à l’occasion de la remise de votre rapport est attendue avec plaisir par tous les groupes politiques tant vos propositions pour notre Ville sont enrichissantes,

Et je souhaite le dire d’emblée, nous voterons cette année encore en faveur du vœu que vous nous proposez.

Vous avez fait le choix de vous saisir d’un sujet grave, celui des rixes. Les manifestations de violence dans notre ville sont évidemment insupportables, et votre volonté de mieux associer les jeunes à leur prévention, pour renforcer la cohésion de cette génération de Parisiennes et de Parisiens, est absolument louable.

Les propositions que vous nous soumettez en matière de prévention des rixes vont dans un sens que nous partageons. Elles reposent sur une idée simple : agir en amont en renforçant les espaces de socialisation et les liens de confiance, notamment avec les jeunes eux-mêmes. Leur association à ces dispositifs est essentielle si l’on veut prévenir durablement les violences. Nous souhaitons par ailleurs rappeler que la prévention n’a de sens que dans le cadre d’une réponse plus large, attentive aux situations de fragilité qui peuvent nourrir les violences et mobilisant l’ensemble des acteurs de terrain, y compris lorsque cela est nécessaire les forces de sécurité.

Parallèlement à ce sujet des rixes et à votre excellent travail sur ce vœu que nous souhaitons saluer, J’aimerais insister sur un point de votre rapport d’activité qui a particulièrement retenu l’attention de notre groupe : la question de l’adaptation de Paris au vieillissement.

Il est essentiel qu’une instance composée de jeunes se saisisse de sujets qui dépassent sa propre génération. Dans un contexte où les tensions intergénérationnelles tendent parfois à s’exacerber, votre démarche est salutaire. Elle rappelle que l’avenir d’une ville ne se construit pas en opposant les générations.

Nous partageons l’idée qu’une ville digne de ce nom est une ville qui permet à chacun de vieillir dans de bonnes conditions, dans son quartier, dans son logement et dans sa vie sociale. Cela passe par le renforcement des solidarités de proximité et par le développement des liens entre générations.

Au fond, il ne s’agit pas de penser une ville uniquement pour les seniors, mais de concevoir une ville pour tous. Une ville qui bénéficie à l’ensemble des Parisiens, quel que soit leur âge. Et le fait même que votre assemblée de jeunes se soit saisie de la question du vieillissement à Paris montre que vous allez dans le bon sens : celui d’une ville qui favorise la rencontre entre les générations plutôt que leur séparation.

Je veux également dire un mot sur votre travail sur la question de la précarité des jeunes. Les constats dressés par le Conseil parisien de la jeunesse sont particulièrement justes et nous ne les connaissons que trop bien : difficultés d’accès au logement, isolement, coût de la vie, complexité des parcours d’insertion. À cela s’ajoute une réalité trop souvent sous-estimée, celle de la santé mentale des jeunes, qui se dégrade et qui nécessite qu’une réponse complète soit enfin apportée.

En réalité, ces sujets de la précarité des jeunes et du vieillissement, nous ont particulièrement intéressé au sein de notre groupe, car il renvoie à une question plus large : celle de la solitude dans la ville.

Paris est une ville formidable, sans doute l’une des plus belles du monde. Mais derrière cette réalité visible, il existe aussi une autre ville, plus discrète, où vivent des personnes isolées, parfois invisibles, qu’il s’agisse de jeunes en rupture ou de personnes âgées éloignées du lien social.

C’est pourquoi nous avons fait adopter à l’unanimité, lors du dernier Conseil de Paris, le principe de faire de la lutte contre la solitude une grande cause municipale.

Les propositions du Conseil parisien de la jeunesse, qu’elles concernent les jeunes ou les seniors, participent pleinement à cet objectif. Elles constituent des pistes utiles pour éviter que de plus en plus de Parisiens ne s’éloignent du lien social et ne s’isolent durablement.

Je veux donc sincèrement remercier le Conseil parisien de la jeunesse pour la qualité de son travail et pour la richesse des réflexions qu’il nous propose aujourd’hui. Je vous remercie.