Sandro Gozi à propos du marathon de Paris

Le Marathon de Paris est bien davantage qu’un événement sportif. C’est un rendez-vous populaire, un formidable outil d’attractivité internationale et un patrimoine de notre ville. Chaque année, il rassemble des dizaines de milliers de coureurs et des centaines de milliers de spectateurs, contribuant au rayonnement de Paris bien au-delà de nos frontières.

Je souhaite d’abord saluer le travail réalisé par Schneider Electric. Pendant des années, cette entreprise française, profondément ancrée à Paris, a fait le choix d’un partenariat fondé sur des valeurs : la durabilité, l’inclusion et l’engagement territorial. Elle ne considérait pas le Marathon comme un simple support de visibilité, mais comme un projet collectif au service de Paris. Nous apprenons aujourd’hui qu’un changement de partenaire est envisagé dans le cadre de la nouvelle concession attribuée au groupement Cadence, composé de Havas Events, Keneo et OSE. Celui-ci propose notamment ASICS Europe B.V. comme partenaire titre du Marathon, qui deviendrait « ASICS Marathon de Paris », et Deckers France SAS, propriétaire de la marque HOKA, comme partenaire titre du Semi-marathon, qui deviendrait « HOKA Semi de Paris », pour les éditions 2027 à 2030.

Si tel est le cas, plusieurs questions méritent des réponses. Quels ont été les critères de sélection ? Le critère financier a-t-il été déterminant ? Quelle redevance ou quelles contreparties économiques la Ville percevra-t-elle, sachant qu’il est prévu qu’elle bénéficie de 20 % du chiffre d’affaires généré par ces contrats de naming, dont le montant reste confidentiel au titre du secret des affaires ? Comment les engagements en matière de transition écologique, d’inclusion, de retombées locales et d’héritage ont-ils été évalués ? Quelle place a été accordée à l’ancrage territorial du partenaire et à sa contribution de long terme à la vie parisienne ? Par ailleurs, au-delà de la seule dimension financière, comment la Ville entend-elle encadrer l’usage du naming afin de préserver l’identité et le caractère patrimonial de ces épreuves emblématiques ? Quelle vigilance sera exercée quant à la cohérence entre les valeurs portées par ces marques et celles que la Ville souhaite promouvoir ?

Enfin, une dernière interrogation mérite d’être levée. Pourquoi engager dès aujourd’hui cette évolution alors qu’un recours aurait été introduit par ASO concernant l’attribution de l’organisation du Marathon à Cadence ? Ne serait-il pas plus prudent d’attendre l’issue de cette procédure avant d’engager des décisions qui pourraient se révéler prématurées ? Sur un sujet aussi emblématique, le Conseil de Paris est en droit d’obtenir toute la transparence nécessaire.