Sandro Gozi à propos du 7 octobre

Le 7 octobre 2023, le Hamas a assassiné, violé, brûlé et enlevé des civils innocents. Ce fut le plus grand massacre de Juifs depuis la Shoah. Mille jours plus tard, notre devoir n’est pas seulement de pleurer les victimes et de continuer à espérer le retour de tous les otages. Il est aussi de regarder en face ce que ce crime a réveillé au cœur même de nos démocraties. En mille jours, une vague d’antisémitisme d’une violence inédite a traversé l’Europe. Des synagogues ont été profanées. Des écoles juives vivent sous protection. Des étudiants ont été agressés. Des familles ont été menacées simplement parce qu’elles étaient juives.

À Paris, comme dans tant d’autres villes européennes, certains se posent aujourd’hui une question que l’on croyait appartenir au passé : faut-il rester ou partir ? Qu’une telle interrogation puisse renaître quatre-vingts ans après la Shoah est une blessure pour notre République, une honte pour l’Europe et un avertissement pour tous les démocrates.

Car lorsque des citoyens commencent à douter qu’ils puissent vivre libres et en sécurité en raison de leur identité, ce n’est pas seulement une communauté qui est visée : ce sont nos valeurs fondamentales qui sont attaquées. La liberté, la dignité humaine, l’égalité et le refus de la haine ne sont pas des principes abstraits ; ils constituent le fondement même de nos démocraties.

Créer à Paris un lieu de mémoire dédié aux victimes du 7 octobre, ce n’est pas prendre parti dans un conflit. C’est affirmer avec force que le terrorisme ne sera jamais banalisé, que l’antisémitisme n’aura jamais sa place dans notre société et que notre ville choisit, sans ambiguïté, le camp de la justice, de la liberté, de la mémoire et de la dignité humaine.