Monsieur le Maire,
Mes chers collègues,
La Mission d’Information et d’Évaluation sur le périscolaire n’est pas un luxe : c’est une nécessité absolue.
A peine installée, ce qu’elle met en lumière est accablant.
Durant nos auditions, nous avons vite décelé que la complexité du système de la DASCO pouvait paralyser la réactivité de l’administration, au point de laisser des dysfonctionnements graves prospérer, y compris les situations de harcèlement physique ou de violences sexuelles.
La convention citoyenne l’a écrit noir sur blanc : les procédures sont « mal définies, non déployées, voire inapplicables » .
Quand une administration est incapable de réagir vite pour protéger des enfants, c’est le système qu’il faut revoir, pas seulement les procédures.
Et pendant que la machine administrative s’enlise, les familles, elles, se retirent.
Le Monde rapporte une baisse de 13 % des inscriptions dans les centres de loisirs cet été, avec des chutes allant jusqu’à –36 % dans les arrondissements touchés par les scandales .
Ce n’est pas un signal faible. C’est un vote de défiance massif.
Les parents le disent : « la confiance n’est pas restaurée » .
Et si rien ne change profondément, ils seront encore plus nombreux à la rentrée à ne pas inscrire leurs enfants.
Face à cela, la réponse de la Ville – la création de directeurs du périscolaire en catégorie A – est présentée comme une avancée. Oui, c’est une reconnaissance du rôle essentiel des responsables éducatifs. Mais soyons lucides : c’est aussi un sparadrap sur une plaie béante.
La délibération elle-même reconnaît qu’il ne s’agit que d’une « étape » et que le système doit être entièrement professionnalisé .
Vu la gravité des faits, nous avons besoin d’un choc, pas d’un ajustement cosmétique.
Ce choc, les parents l’ont formulé dans la convention citoyenne.
Ils ont exprimé clairement que le scénario le plus pertinent pour stabiliser les équipes, améliorer la qualité du périscolaire et rendre les journées lisibles, c’est la semaine de 4 jours, soutenue par 77 % des membres de la convention .
Ce rythme permet des journées identifiées par les enfants, une meilleure organisation, une cohérence éducative renforcée, et surtout un périscolaire de qualité, avec des animateurs formés, suivis, et enfin stabilisés.
Parce que le périscolaire ne peut plus être une zone grise.
La convention l’a dit : « la frontière entre scolaire et périscolaire est trop étanche » .
Cette étanchéité, c’est le terreau des dysfonctionnements, des pertes d’information, des failles de sécurité.
Aujourd’hui, nous sommes à un moment critique.
Les parents désertent les centres de loisirs.
Les équipes sont épuisées.
La confiance est brisée.
Alors oui, nous devons remettre de la confiance. Mais pas avec des annonces.
Avec des mesures fortes, visibles, concrètes :
– un périscolaire réorganisé et professionnalisé ;
– des contrôles systématiques et transparents ;
– une chaîne de signalement unique, simple, obligatoire ;
– un rythme scolaire cohérent, stabilisé à 4 jours ;
– une gouvernance clarifiée pour que les alertes soient traitées immédiatement.
La MIE doit être le début d’un changement profond.
Les familles n’attendront pas.
Les enfants ne peuvent pas attendre.
Il est temps de reconstruire un périscolaire parisien sûr, stable, digne de la confiance des parents et garant de la sécurité des enfants.
Je vous remercie.


