Monsieur le Maire,
Mes chers collègues,
Les 3 épisodes de canicule successifs que nous avons vécus ces dernières semaines ont joué comme un révélateur de l’impréparation de la ville face au défi du dérèglement climatique.
Révélateur, mais pas une découverte puisque nous vous alertons sur ce sujet depuis des années.
Nous ne disons pas que rien n’a été fait. Ce serait évidemment ridicule. Mais moins que ce que ne laissait entendre les discours. Non les 85 recommandations de la MIE Paris à 50° n’ont pas été mises en œuvre. Notamment dans le PLU bioclimatique. Et moins que ce qui était nécessaire.
Nous disons que les efforts ont été insuffisants et que les investissements ont manqué – Monsieur Simondon s’en souvient, nous lui reprochons une insuffisance d’investissement pour préparer la ville. Pour mémoire, l’OFCE estime à 500 millions d’euros la somme nécessaire pour adapter Paris. Soit l’équivalent de ce que la Ville consacre chaque année au remboursement de sa dette, entre la charge de la dette et les intérêts d’emprunt.
et nous disons, enfin, que la communication a trop souvent remplacer une véritable action.
Un seul exemple : une véritable action, c’eut été de verdir la CPCU plutôt que de conserver du charbon comme source d’énergie.
Avec un mix énergétique plus ambitieux, en augmentant le taux d’énergies renouvelables, chaque décennie depuis que vous êtes au pouvoir, ce sont 5 millions de tonnes de CO2 que vous auriez pu éviter. 10 millions de tonnes en 20 ans. Il est insupportable de penser que des élus qui se disent préoccupés par le climat n’aient pas exploité ce levier.
Une des raisons : opposer atténuation et adaptation. Adapter, pour certains, c’est renoncer. En réalité, les deux vont ensemble.
Prenons l’exemple de Fraicheur de Paris : avoir une politique ambitieuse de raccordement, notamment des établissements accueillants les personnes les plus fragiles comme nous le demandons, c’est à la fois réduire nos émissions de gaz à effet de serre et adapter la ville et protéger les plus vulnérables.
La Ville peut et doit faire plus.
Elle doit faire plus notamment s’agissant des plus fragiles. Plus de 20 ans après sa mise en place, le fichier Reflex n’est toujours pas à la hauteur des besoins. 10 000 personnes inscrites seulement, alors que Paris compte plus de 372 000 personnes âgées de plus de 65 ans. Et une fois inscrites, encore faut-il qu’elles soient contactées. Lors des épisodes de canicule récents, plusieurs jours ont passé avant que le moindre appel ne soit passé. Le dispositif est à revoir. En lien avec le plan isolement que nous avons fait voter.
Elle doit faire mieux s’agissant des lieux rafraichis.
Vous en parlez beaucoup dans votre vœu, mais la réalité c’est que les établissements refuge étaient fermés. Les bibliothèques fermaient plus tôt – horaires de 9 à 14 heures, voire 11 heures. Et fermée deux jours de suite, au pic de la canicule. Bibliothèque Aimé Césaire. Et ce n’est pas un cas isolé.
Les piscines : fermées, ou en horaire aménagés.
Pas acceptables. D’où notre vœu que la ville assure la pleine continuité des services publics en période de canicule et fasse des bibliothèques, des piscines, des conservatoires des lieux de refuge climatique. Et nous demandons également que les conditions d’ouverture des équipements municipaux soient harmonisés pour plus de cohérence et de lisibilité, en tenant compte du bien être et des conditions de travail des agents.
Remercier tous ceux qui se sont mobilisés. Et saluer aussi l’initiative de ceux, notamment de Delphine Burkli maire du 9e arrondissement, qui a noué des partenariats avec des entreprises privées pour permettre notamment aux enfants de faire classe dans de meilleures conditions.
Jules Pasquier y reviendra.
Je voudrais pour finir dire un mot du fond vert.
S’ils vous écoutent, les Parisiens ont du découvrir que le fond vert avait servi à de très nombreux investissements à Paris, dont vous vous étiez gardé de parler. Rénovation thermique et énergiques des bâtiments, désimperméabilisation et végétalisation des cours d’école, lutte contre les ilots de chaleur, projet de biodiversité, le fond vert a permis le financement ou le cofinancement de très nombreux projets permettant d’œuvrer pour l’adaptation de la ville. Alors oui, nous aussi, nous regrettons la diminution du fond vert. Mais il est étonnant que vous découvriez auj les vertus des actions du gouvernement. A l’image de ce vœu catalogue. Pas sérieux.
Paris à 50° ce n’est pas de la science-fiction. Il est urgent de faire, plutôt que de dire. On ne demande pas des vœux. Mais des actes.


