La qualité de l’air est un enjeu majeur de santé publique. Chaque année, la pollution atmosphérique est responsable de dizaines de milliers de décès prématurés en France. Elle entraîne aussi des maladies respiratoires et des pathologies chroniques qui dégradent la qualité de vie de nombreux concitoyens.
C’est précisément pour cela que des organismes comme Airparif sont essentiels.
Ses travaux permettent d’avoir des données fiables sur l’évolution de la pollution et d’évaluer concrètement les effets des politiques publiques que nous votons.
Et ces données montrent une chose simple : des progrès ont été réalisés ces dernières années. Ils restent insuffisants, bien sûr, mais ils existent et il nous faut les poursuivre avec sérieux et méthode.
Mais je voudrais insister sur deux points.
D’abord, Paris ne peut pas penser la qualité de l’air seule et uniquement à l’échelle du périphérique. L’air ne s’arrête pas aux frontières administratives. Paris est au cœur d’une métropole dense, traversée chaque jour par des centaines de milliers de déplacements. Et améliorer la qualité de l’air uniquement intramuros sans coordination avec les communes voisines n’aurait pas beaucoup de sens. La réponse doit être métropolitaine.
Ensuite, il y a un sujet encore trop peu traité : celui de la qualité de l’air dans le métro et les espaces souterrains.
Les niveaux de pollution y sont biens souvent supérieurs à ceux observés à l’extérieur. C’est un enjeu pour les voyageurs, au moment où nous encourageons massivement l’usage des transports collectifs. Mais c’est aussi un enjeu pour les agents de la RATP, les personnels de sécurité et tous ceux pour qui ces espaces constituent un lieu de travail quotidien.
Et j’aimerais enfin dire un mot sur les ZFE.
L’intérêt d’Airparif est justement de sortir des postures idéologiques pour regarder les faits. Et Airparif a régulièrement démontré l’utilité des Zones à Faibles Émissions pour réduire la pollution atmosphérique dans l’agglomération parisienne. Plus de 300 villes européennes ont d’ailleurs mis en place ce type de dispositif.
Et pourtant, à l’Assemblée nationale, nous avons vu une alliance pour le moins étonnante entre La France insoumise et le Rassemblement national pour remettre en cause ces dispositifs dans une logique purement démagogique.
On ne peut pas balayer les conclusions des organismes scientifiques indépendants dès lors qu’elles gênent son positionnement politique.
L’Académie nationale de médecine elle-même a rappelé qu’une suppression brutale des ZFE reviendrait à réintroduire dans nos villes une pollution dont les effets sanitaires sont parfaitement documentés.
Le débat sur les modalités sociales d’application des ZFE est légitime. Celui sur l’accompagnement des ménages modestes aussi. Mais nier leur utilité sanitaire malgré les données disponibles, ce n’est pas défendre les plus vulnérables, c’est simplement refuser de regarder la réalité.
Le groupe Paris au Centre votera donc naturellement cette délibération, avec confiance dans les travaux d’Airparif et avec la conviction que la lutte contre la pollution de l’air doit rester une priorité de santé publique.


