Delphine Bürkli à propos de l’incendie en forêt de Fontainebleau

Monsieur le Maire,

L’incendie d’une ampleur inédite qui ravage à nos portes la forêt de Fontainebleau depuis dimanche nous touche et nous bouleverse. Ce sont déjà plus de 2000 hectares de forêt qui ont été détruit sous nos yeux. Du jamais vu en Ile de France.

Avant toute chose, nous souhaitons exprimer notre profonde solidarité envers les habitants, les élus locaux. Nous pensons à Anthony Vautier, maire d’Arbonne la Forêt. J’ai aussi une pensée amicale pour le député de ce territoire, Frédéric Valletoux et bien sûr nous rendons hommage à l’ensemble de sapeurs-pompiers, gendarmes, agriculteurs, agents de l’ONF, mobilisés jour et nuit, pour tenter de faire face à ces murs de flamme.

L’élan de solidarité est à la hauteur de l’attachement des Franciliens à ce massif emblématique. Pour nous, Parisiens, c’est aussi notre jardin, celui des familles, des scolaires et des enfants de nos centres de loisirs qui y découvrent la richesse de sa biodiversité.

Pendant longtemps, les incendies de forêt semblaient être une réalité réservée au sud de la France. Désormais, ils se produisent à quelques kilomètres de nous.

Qu’ils soient d’origine volontaire ou accidentelle, une réalité s’impose : les vagues de chaleur et la sécheresse ont considérablement favorisé leur propagation. Le changement climatique transforme des risques autrefois exceptionnels en menaces bien réelles pour l’Île-de-France et pour Paris.

La forêt de Fontainebleau constitue l’un des principaux réservoirs de biodiversité de notre région avec 6600 espèces animale recensées, 5700 espèces végétales. Elle participe à la qualité de l’air et protège des ressources essentielles pour les Franciliens et les Parisiens.

Les nappes souterraines de Seine et Marne alimentent notamment la moitié de l’eau potable distribuée par Eau de Paris. Nous avons appris qu’une des aires d’alimentation des sources de Bourron se trouvait dans la zone incendiée. Quels sont les impacts réels sur la distribution et la qualité de l’eau ?

Lorsque des milliers d’hectares de forêt disparaissent, ce sont des habitats naturels qui sont détruits, des espèces qui sont fragilisées et un écosystème indispensable à la préservation de nos ressources en eau qui est durablement affecté.

La Ville de Paris s’honorerait à prendre toute sa part à la régénération de ce massif et à accompagner les villages durement touchés.

Ce désastre écologique doit aussi nous conduire à nous interroger sur les bois de Boulogne et de Vincennes, dont les arbres ont énormément souffert ces dernières semaines. Ils jouent un rôle essentiel pour la biodiversité, la qualité de l’air, le rafraîchissement de la ville et le cadre de vie des Parisiens.

Pourtant, lors des travaux de la Mission d’information et d’évaluation consacrés à ces bois, le risque d’incendie n’était pas considéré comme un risque majeur. Les événements de Fontainebleau nous montrent que nous devons désormais changer de regard. Les risques d’hier ne sont plus ceux de demain, et notre politique de prévention doit évoluer en conséquence.

A ce titre, envisagez-vous de réévaluer le risque incendie dans les bois de Boulogne et de Vincennes et de renforcer les mesures de prévention, de surveillance et de protection de ces espaces naturels, afin de mieux protéger les Parisiens face aux nouveaux risques engendrés par le changement climatique ?

L’incendie de Fontainebleau, comme les récentes canicules, nous rappelle que le changement climatique fait émerger de nouveaux risques. Nous devons accélérer notre adaptation et renforcer notre gestion de crise pour mieux protéger les populations.