À l’origine de cette convention, que vous avez souhaité mettre en place, et c’était une bonne initiative, il s’agissait de répondre à l’émoi, aux inquiétudes des familles après ces révélations d’agressions sexuelles et de viols présumés commis sur des enfants en maternelle et en élémentaire à Paris.
Cette convention dont je salue l’excellent travail de ses membres, dans un délai très court, a fait émerger deux grands sujets, d’abord les dysfonctionnements structurels du périscolaire parisien : manque de moyens, trop faible coordination entre les acteurs éducatifs, déficit de transparence vis à vis des familles et puis l’insuffisante professionnalisation des personnels de l’animation, d’où la création d’un statut spécifique pour les animateurs qui constitue l’une de leurs propositions.
À travers la délibération que vous nous proposez ce matin, vous apportez une réponse, encore partielle, mais concrète, celle de la création d’un poste de directeur du périscolaire en titre, un poste de catégorie A. Nous soutenons cette initiative comme celle d’ouvrir un centre de formation dédié, une école pour tous les animateurs embauchés, que moi-même j’appelais de mes voeux depuis des années.
Reconnaître enfin que le secteur de l’animation dans le périscolaire est un métier à part entière, suppose des engagements financiers conséquents et des arbitrages très très rapides et plus significatifs que ceux qui nous sont soumis au budget supplémentaire dans ce conseil de Paris. Le secteur de l’animation n’est pas un sous-métier ou un job d’appoint.
La convention souligne aussi sa volonté de renforcer la prévention aux risques en accompagnant les agents pour détecter tous les signaux faibles.
Prévenir le risque, c’est pour nous, et je réitère cette proposition, d’accepter de systématiser dès la rentrée de septembre, l’installation de boîtes papillons dans toutes les écoles, comme nous l’avons fait dans le 9e. Cette boite est un outil efficace et a fait ses preuves dans plus de 300 communes à travers la France pour permettre à la parole de l’enfant de se libérer à travers un dessin ou un écrit.
Reste à régler cette question qui est centrale, comment trouver la bonne procédure qui empêche un pedocriminel d’être embauché comme animateur dans le périscolaire ? C’est au cœur même de nos réflexions au sein de la MIE que nous avons souhaité mettre en place avec le groupe Paris Libertés.
Cependant, il faut le dire aussi, ce qui vient rajouter de l’inquiétude et même de la colère chez les familles que nous rencontrons, ce sont les lenteurs des enquêtes menées par la Brigade de protection des mineurs. Ces lenteurs sont intolérables parce que les parents voient leurs enfants en grande souffrance et face à ce mur de silence, nous sommes, il faut bien le reconnaître, impuissants. Alors comment mieux accompagner les familles touchées directement et celles qui sont dans la même école pour éviter les cascades émotionnelles ? Et comment créer un dialogue plus nourri avec la brigade des mineurs, le parquet et l’éducation nationale qui doit prendre toute sa part dans la coordination pour que les parents retrouvent confiance dans l’institution scolaire?
Pour terminer, la convention citoyenne a plébiscité à 77% le retour à la semaine de 4 jours. Une mesure de bon sens, appelée par tous dans l’institution scolaire, depuis des années, les enseignants, les directeurs d’écoles, les parents élus, y compris les rev et les animateurs qui n’en peuvent plus des horaires morcellés qui sont préjudiciables à leur engagement dans ce métier.
Dans le rapport de la convention, il y a également des sujets qui font dissension : ateliers gratuits versus ateliers payants, études dirigées par des enseignants versus activités non en lien avec des devoirs à la maison… des questionnements qui nous traversent également et sur lesquels il nous faudra d’ailleurs tôt au tard trancher… mais s’il y a bien un sujet sur lequel tout le monde est d’accord c’est bien de revenir à la semaine de 4 jours. Donc plus d’hésitations, Monsieur le Maire, Mme Hidalgo n’est plus là pour s’y opposer, alors allons-y et vite !


