Delphine Bürkli à propos du règlement de voirie

À vous lire, on constate, non sans une certaine amertume que vous êtes tous frappés d’une sorte amnésie générale, y compris celles et ceux qui dans cet hémicycle étaient déjà les adjoints de Mme Hidalgo et qui portent forcément une responsabilité sur la situation que vous décrivez. Rien n’aurait exister avant vous, comme si c’était l’an 0 du pouvoir socialiste parisien.

Dès lors il faut accepter d’aller au bout de votre logique et prendre les mesures qui s’imposent pour désaturer notre espace commun, le sécuriser, le rendre accessible à tous, bref définir ce que doit être un partage de l’espace public harmonieux.

Dans le prolongement de l’intervention de ma collègue Maud Gatel, j’insisterai sur deux points importants, deux réformes qui me paraissent indispensables pour rendre plus vivable notre espace public.

D’abord le règlement des étalages et terrasses parisien (RET) qui depuis sa modification en 2021 a produit des effets négatifs à la fois pour les habitants et les commerçants eux-mêmes : distorsions de concurrence entre commerces, pression croissante sur l’espace public, notamment face à la montée en puissance de la restauration rapide au détriment des autres commerces, nuisances sonores, encombrement des trottoirs, dépassements fréquents des autorisations et difficultés de circulation pour les piétons comme pour les vélos quand aménager une piste sécurisée nécessite de supprimer une terrasse sur chaussée, cela devient forcément une source de conflit avec les commerçants…

La Chambre régionale des comptes a appelé la Ville l’an dernier à faire évoluer profondément le dispositif, à revoir sa tarification, ses règles d’implantation et ses modalités de contrôle.

Paris est une fête, comme on l’entend souvent, c’est une image d’Epinal, mais une fête sans cadre, c’est l’anarchie et c’est ce que des habitants de certains quartiers subissent dès que la météo est clémente. Vous ne pouvez continuer à l’ignorer.

Et puis il faut aussi revoir profondément le règlement de voirie. Là aussi, depuis des années, nous alertons votre majorité sur les problèmes liées aux réfections insatisfaisantes réalisées par des concessionnaires avec ces trottoirs dégradés, ces reprises en “rustines”, ces réfections disparates laissées après travaux et qui finalement coûtent cher au budget de ville de Paris puisque plusieurs mois après ces travaux, les sections territoriales de voirie demandent au mairie d’arrondissement de consacrer une partie de leurs investissements, les fameux IIL à la reprise des trottoirs et des chaussées. Cette situation n’est plus acceptable, soit les services de la ville reprennent en direct la réfection, soit vous exigez des concessionnaires des réfections complètes, durables, compatibles avec l’exigence patrimoniale et esthétique que mérite la capitale.

Monsieur le Maire, nous attendons aujourd’hui moins d’effet d’annonces que de règles claires, appliquées et assumées et biensûr avec les moyens budgétaires à la hauteur de l’enjeu sans quoi cette situation que vous décrivez dans la communication sera figée et créera indubitablement des conflits.