Jules Pasquier à propos de la canicule

Monsieur le Maire, Mes chers collègues,

Ces épisodes de canicules nous ont rappelé combien notre ville demeure insuffisamment adaptée aux épisodes de chaleur extrême.

Face à ces températures, les Parisiens ont naturellement cherché à se rafraîchir.

Je veux d’abord saluer l’ouverture des nouveaux sites de baignade dans la Seine, qui constituent un bel héritage des Jeux olympiques et paralympiques de 2024. C’est une réussite dont nous pouvons collectivement nous réjouir.

Je rappellerai simplement, au passage, que la dépollution de la Seine a été très largement financée par l’État, que vous aimez pourtant si souvent mettre en cause.

Comme d’autres, nous avions également proposé la création d’une zone de baignade surveillée dans le canal Saint-Martin, après les nombreuses scènes de baignade non encadrées auxquelles nous avons assisté.

Nous avions d’ailleurs salué la réactivité de la Ville lorsqu’elle avait annoncé sa mise en place. Nous regrettons en revanche qu’elle n’ait pas su prévoir un dispositif suffisamment solide pour permettre une cohabitation apaisée entre cette nouvelle activité et les riverains du canal.

Mais ce débat sur la canicule me donne surtout l’occasion d’aborder un sujet beaucoup plus concret : celui de la continuité du service public.

Car NON, tous les Parisiens ne vont pas se baigner dans la Seine ou dans les canaux. C’est encore plus vrai pour les personnes âgées, les personnes isolées ou les plus fragiles.

Pour beaucoup d’entre elles, les véritables refuges contre la chaleur sont les piscines municipales et les bibliothèques où l’on peut parfois trouver un peu de fraîcheur.

Or qu’avons-nous constaté au moment même où ces équipements étaient les plus utiles ?

De nombreuses piscines municipales ont réduit leurs horaires d’ouverture, là où elles auraient dû être maintenues, voire exceptionnellement élargies.

Plusieurs bibliothèques ont connu les mêmes restrictions.

Je comprends naturellement qu’il faille protéger les agents municipaux face aux fortes chaleurs. C’est une exigence parfaitement légitime.

Mais précisément, si ces bâtiments accueillent du public qui cherche le rafraîchissement pendant ces épisodes, c’est bien qu’il est possible d’y garantir des conditions acceptables.

La question devient alors simplement une question d’organisation.

Et c’est là que se situe, selon nous, le véritable problème : la Ville n’a pas été en mesure d’assurer pleinement la continuité de son service public au moment où les Parisiens en avaient le plus besoin.

Au fond, il y a deux visions de Paris :

Celle des grands projets, que nous pouvons saluer lorsqu’ils sont réussis, et celle du quotidien.

Pour beaucoup de Parisiens, notamment les plus isolés et les plus fragiles, lutter contre la canicule, ce n’est pas plonger dans la Seine ; c’est simplement pouvoir compter sur une piscine ouverte ou une bibliothèque accessible près de chez eux.

C’est aussi à eux que nous devons penser.

Je vous remercie.