Jules Pasquier à propos de l’adaptation de la ville aux vagues de chaleur

Merci Monsieur le Maire, Mes chers collègues,

Alors que Paris a été touchée dès la fin du mois de mai par un épisode de fortes chaleurs, nous débattons une nouvelle fois dans cette enceinte de l’adaptation de notre Ville aux effets de la canicule.

Nous partageons évidemment le constat formulé par les écologistes :
oui, les épisodes caniculaires sont plus fréquents, plus précoces et plus intenses.
Oui, Paris figure parmi les capitales européennes les plus vulnérables aux fortes chaleurs. Et oui, l’adaptation climatique n’est plus seulement un enjeu environnemental : c’est désormais une question globale de santé publique.

Le texte présenté dans le cadre de cette niche du groupe écologiste propose un certain nombre de pistes utiles : la transformation du patrimoine municipal, ou encore la priorisation des publics les plus fragiles face aux épisodes caniculaires, constituent des orientations pertinentes.

Le texte aborde aussi la question du logement, sur laquelle nous avions déjà formulé des propositions concrètes : Nous avions, par exemple, proposé une exonération de taxe foncière pendant sept ans pour les logements engagés dans une rénovation énergétique importante, permettant de passer d’une étiquette F ou G à une étiquette D ou C.  Voilà une mesure incitative très concrète qui nous aurait permis d’avancer dans la bonne direction !

Dans ce même esprit de propositions concrètes et opérationnelles, nous avons souhaité accompagner cette communication de deux vœux que nous rattachons à la présente délibération.

Le premier, porté par DB propose la création d’un plan « Grand Chaud » parisien, pensé comme le pendant estival du plan Grand Froid. Aujourd’hui, des dispositifs très structurés existent lorsque les températures chutent, mobilisant immédiatement tous les services et les lieux d’accueil. Rien d’équivalent malheureusement n’existe face aux fortes chaleurs. Nous proposons donc la mise en place de ce plan « Grand Chaud » qui devra être élaboré en lien étroit avec les mairies d’arrondissement, afin de tenir compte des réalités locales et des vulnérabilités propres à chaque quartier.



Le second vœu, présenté par Maud Gatel, porte sur la transparence et le pilotage financier de l’adaptation de la Ville. Nous y demandons que la Ville présente une vision consolidée des actions engagées. Nous demandons également, toujours dans cette même logique de transparence, la création d’une véritable ligne budgétaire dédiée, permettant d’identifier année après année les crédits engagés, les investissements réalisés, les financements prévus et les dépenses restant à engager pour adapter Paris au changement climatique. En bref nous donner la capacité d’évaluer concrètement et sans artifice les progrès effectués, au-delà des discours auxquels nous sommes habitués.

Ce second vœu nous oblige d’ailleurs à regarder la réalité en face : Paris est en retard dans son adaptation au changement climatique. Et la situation financière de notre Ville contraint très fortement notre possibilité d’investir pour préparer Paris à ces chaleurs à venir. Et c’est là tout le scandale de cette gestion erratique des finances de notre collectivité.

Les mandatures précédentes portent d’ailleurs une lourde responsabilité dans ce décalage entre ambitions affichées et politiques effectivement conduites.

Depuis des années, on observe en effet un écart croissant entre les discours climatiques de la majorité municipale et les choix d’aménagement réellement opérés. Entre 2006 et 2020, rappelons-le c’est pas moins de 3,8 millions de m² qui ont été construits dans la capitale. La Tour Triangle restera, à cet égard, le symbole de cette contradiction persistante entre la nécessité d’adaptation climatique et la poursuite de logiques de densification et de verticalisation héritées d’un autre temps.

Il est désormais nécessaire d’assumer des choix clairs de priorisation budgétaire pour adapter la ville aux canicules à venir. Cela engage directement la qualité de vie des habitants et la viabilité à long terme de notre ville.

Rappelons également enfin qu’une MIE « Paris à 50°C » a été adoptée à l’unanimité par ce Conseil. Une mission d’information et d’évaluation vise précisément à analyser une politique publique et à formuler des recommandations opérationnelles. Or, peu de mesures issues de cette MIE n’ont été suivies d’effet. Pire encore, aucun indicateur de suivi, là-aussi, n’a été mis en place pour en mesurer la mise en œuvre réelle.

Je crois que si le débat proposé par les écologistes est utile et légitime, il doit surtout nous conduire à une exigence simple : commencer par appliquer ce qui a déjà été voté.

Il nous faut reconnaître qu’aujourd’hui à Paris c’est à la fois le temps et les moyens qui nous manquent pour adapter la ville aux chaleurs à venir.

Le temps n’est donc plus à la multiplication des annonces mais à l’action. Je vous remercie.