Monsieur le Maire,
Mes chers collègues,
Je vous ai écouté très attentivement Monsieur le Maire.
Ce qui est le plus inquiétant pour nous, et à travers nous, pour les Parisiens, c’est que vous n’ayez rien à redire sur ces comptes. Pire, que vous vous en félicitiez.
Vous présentez les comptes administratifs en ces termes :
« La ville de Paris a su déployer des efforts importants en matière de maîtrise des dépenses et d’optimisation de ses recettes de gestion, tout en continuant à investir massivement pour la justice sociale et la transition écologique ».
Soyons un peu sérieux.
Rétablissement des comptes :
La situation de 2024 était particulièrement dégradée. L’épargne brute avait atteint un point bas, avec 267 millions d’euros. Une situation aussi catastrophique qu’inédite.
Alors, oui, en 2025, l’épargne brute a augmenté. Mais contrairement à vos propos, pas au prix d’effort de gestion.
Cela est du à différentes augmentations que vous avez passées sous silence :
– celle des DMTO de 303 Me, liée au rebond du marché immobilier et à l’augmentation de la fiscalité immobilière
– des transferts en hausse
– l’augmentation des dotations et compensations de 76 millions – le fameux désengagement de l’Etat.
– et à la baisse des dépenses de péréquation qui reviennent au niveau de 2019.
Rien dans ce compte administratif ne traduit une véritable remise à plat des dépenses de structure ou une stratégie durable de redressement financier. Les dépenses de fonctionnement continuer d’augmenter et restent installées à un niveau extrêmement élevé. Seule la fin des JOP permet de limiter leur vitesse de progression.
Et faute de réforme structurelle, la ville demeure extrêmement dépendante aux recettes volatiles et cycliques, comme le dénonçait la Chambre régionale des comptes.
Quant aux investissements, on assiste au contraire à une baisse par rapport aux engagements, notamment sur les politiques prioritaires permettant d’adapter la ville au dérèglement climatique. C’est l’autre pan profondément inquiétant des comptes de la ville. On peut communiquer sur des chiffres globaux. Mais c’est le chiffre réalisé vs les engagements pris qu’il faut regarder. Et malgré l’augmentation des subventions et dotations, à 300 millions d’euros, et du montant des cessions, on assiste à une sous exécution.
Par exemple, les crédits consacrés au plan climat, ou les travaux de mise en accessibilité de la ville diminuent par rapport aux prévisions du BP.
Car la dérive des comptes obère notre capacité à investir pour préparer notre capitale. Et le creusement de la dette le traduit.
Autrement dit, malgré une conjoncture plus favorable et malgré des investissements moins importants que prévus, la dette continue de progresser à un rythme extrêmement préoccupant.
Pour rappel :
Une dette à près de 10 milliards représente, entre les frais financiers et les remboursements d’emprunt, 522 millions d’euros de dépenses. Soit plus que la somme que la ville consacre aux dépenses de sécurité !
Les frais financiers : qui se montent à 214 millions d’euros
Les remboursements d’emprunt s’élèvent à 308 millions d’euros.
Derrière votre satisfecit, il est important de rappeler la réalité.
Beaucoup d’annonces depuis votre élection.
Les 20 millions pour le périscolaire, dont on peine à comprendre les contours.
Plus récemment, la suppression des 1e tranches pour les cantines
En parallèle, les crédits dans les arrondissements sont gelés.
Pilotage à vue.
En l’absence de PIM.
Des recettes en hausse, des investissements en baisse et une dette qui continue de galoper. C’est cet état de fait dont vous vous félicitez.
Etonnement. Vous aviez là une occasion aisée de vous désolidariser de la gestion erratique de votre prédécesseure. Ce n’est pas votre choix.
Ce n’est pas tant de la loyauté à l’égard de l’ancienne maire que de la fidélité à des principes de dérive budgétaire à laquelle votre majorité nous a habituée depuis 2 mandatures.
Et c’est cela qui nous effraie. Que les Parisiens ne se méprennent pas sur votre déni. Les jours meilleurs ne sont pas pour demain tant que vous n’accepterez pas de regarder la réalité budgétaire en face.
Je vous remercie.


