Pierre Baty à propos du périscolaire parisien

Monsieur le Maire,

84 écoles maternelles, une vingtaine d’écoles élémentaires, une dizaine de crèches font l’objet d’enquêtes judiciaires pour fait de violences sexuelles sur les enfants.

et nous apprenons que 16 personnes accusées de violences sexuelles ont été interpellées ce matin.

Ces chiffres bouleversent les familles parisiennes et nous inquiètent tous sur la capacité de la Ville à protéger les enfants qui lui sont confiés.

Depuis plusieurs mois, les révélations de violences sexuelles présumées dans le périscolaire parisien qui est sous VOTRE responsabilité se multiplient. 

Et l’affaire récemment révélée par la presse est particulièrement grave. Un animateur mis en cause pour des violences sexuelles dans une école du XIe arrondissement avait déjà fait l’objet, en 2024, d’une plainte pour des faits similaires dans un autre établissement.

Comment cela peut être imaginable ? Même classée sans suite, cette première affaire aurait dû conduire à davantage de vigilance. Les familles découvrent aujourd’hui qu’aucun dispositif de suivi inter-circonscriptions n’existait alors.

Cette situation soulève 3 questions auxquelles nous attendons enfin des réponses précises.

D’abord, nous souhaitons également vous interroger sur l’accompagnement des familles victimes ou susceptibles de l’être. Beaucoup de parents témoignent d’un profond sentiment d’abandon et parfois d’un manque de transparence. Quels dispositifs psychologiques, juridiques et sociaux la Ville met-elle concrètement à leur disposition ?

Ensuite, la question des contrôles et de la vérification effective des mesures annoncées par la Ville. Le lien de confiance est rompu. Nous ne pouvons plus vous croire sur parole alors que les représentants de votre majorité nous expliquent depuis 10 ans que tout allait pour le mieux.

Quels moyens concrets seront mis en œuvre, sur place et sur pièce, pour que les conseillers de Paris que nous sommes puissent contrôler sa mise en œuvre ? Vérifier et contrôler que les signalements, les suspensions, les recrutements et la circulation des informations fonctionnent entre les différentes CASPE.

Si nous sommes satisfaits que la justice se soit pleinement saisie de cette affaire, nous restons déterminés à ce que la parole des enfants soit entendue et que les enquêtes aillent jusqu’au bout. Cette mobilisation judiciaire ne peut exonérer la collectivité de sa responsabilité administrative et politique.

Enfin, la question des moyens reste entière. Rapportés au nombre d’établissements concernés, les 20 millions d’euros annoncés représentent à peine un peu plus de 30 000 euros par école qui doivent être consacrés pour des travaux de sécurisation, toilettes, aménagements des recoins … à cela doit s’ajouter la revalorisation des REV, la formation des animateurs et celles de deux jours des vacataires … Les moyens que la ville doit engager pour cela parait sinon trop modeste, en tout cas encore très flou.

Monsieur le Maire, face à une crise qui semble désormais systémique, les Parisiens attendent des garanties concrètes, des contrôles effectifs et une véritable politique de protection de l’enfance.