Mes chers collègues,
Comme l’écrivait Albert Camus : « Dans le brouhaha des évidences, il n’y a pas plus radical que la nuance. »
C’est précisément la situation qui est la nôtre aujourd’hui.
Au sein du groupe Paris au Centre, nous nous reconnaissons dans cette « pensée de midi » chère à Camus : celle qui refuse les simplifications, celle qui garde pour horizon la paix.
Car notre objectif demeure inchangé : la reconnaissance mutuelle de deux États vivant côte à côte dans la sécurité et la dignité.
Oui, ce chemin est difficile. Oui, ce chemin exige du courage.
Face aux attaques terroristes du 7 octobre perpétrées par le Hamas, face aux crimes de guerre, face aux violations répétées du droit international et du droit humanitaire commises par le gouvernement israélien de Benjamin Netanyahou, parler de paix peut sembler illusoire. Pourtant, nous n’avons pas d’autre discours à tenir. Nous n’avons pas d’autre idéal à porter.
Face à un conflit qui dure depuis des décennies et dont les civils sont, des deux côtés, les premières victimes, notre rôle n’est pas de déterminer quel peuple mérite l’honneur ou la compassion. Notre responsabilité est de soutenir celles et ceux qui, Palestiniens comme Israéliens, continuent de faire le choix de la paix.
C’était le sens de notre proposition.
Nous proposions d’attribuer la citoyenneté d’honneur de la Ville de Paris à deux figures exceptionnelles du dialogue et de la réconciliation.
Ali Abu Awwad, Palestinien engagé dans la non-violence malgré la mort de son frère, tué par un soldat israélien.
Et Robi Damelin, Israélienne, membre fondatrice du Parents Circle – Families Forum, elle-même frappée par le deuil après l’assassinat de son fils par un tireur palestinien.
Tous deux auraient pu choisir la haine. Tous deux ont choisi le dialogue.
À l’heure où les logiques d’affrontement l’emportent trop souvent sur celles de la réconciliation, ce sont ces voix-là que Paris doit entendre et honorer.


