Monsieur le Maire,
Mes chers collègues,
Vous vous livrez ce matin à un exercice d’équilibrisme. Prétendre que vous allez tout changer sans jamais reconnaître ce qui a échoué. Ce qui n’est pas sans poser un problème de sincérité.
En charge pendant 10 ans, vous semblez découvrir une fois élu et après avoir nié les difficultés
- que la voirie est indigne d’une ville française,
- que l’espace public s’est transformé en jungle,
- que les incivilités pullulent et
- que l’Exécutif a laissé se dégrader un patrimoine qui est pourtant celui de chacun des Parisiens et des amoureux de notre ville.
Les constats, nous les partageons. Nous avons multiplié les alertes et les propositions depuis 12 ans. Et vous n’aviez pas de mots assez durs pour les dénoncer. Sur ce sujet comme sur d’autres, il ne suffit pas de changer radicalement d’avis pour faire évoluer le quotidien des Parisiens.
Il faut assumer ses responsabilités, documenter ce qui a échoué, tirer les enseignements des échecs et mettre en place un cadre temporel et budgétaire pour mettre en œuvre ces nouvelles orientations afin de réparer une ville profondément abimée.
Avec un immense impensé : quels moyens ?
Les crédits sont aujourd’hui gelés. Les directions doivent proposer des économies. Et vous prétendez revoir tout l’espace public. Le sujet budgétaire est majeur, et nous aurons l’occasion au cours de ce conseil d’y revenir. Au regard de l’état des finances publiques, il faudra malheureusement prioriser. Et nous nous, les priorités doivent être :
- Remettre de l’ordre dans l’espace public : mobiliser la police municipale pour sanctionner toutes les incivilités car quand il s’agit de sécurité, il n’y a pas de petite incivilité. Et permettra à tous, particulièrement les femmes, de se sentir en sécurité dans l’espace public ;
- Garantir le bon état de la voirie et la qualité des aménagements
- Protéger les usagers les plus fragiles, en réparant, sanctuarisant et désencombrant les trottoirs, et en faisant de Paris une ville pour tous, pas seulement pour les bien portants
- Adapter la ville au dérèglement climatique à travers une végétalisation de qualité
Sans budget, sans calendrier, sans priorité, il ne s’agit que de déclarations d’intention.


