Maud Gatel à propos des bibliothèques inclusives

Monsieur le Maire,

Mes chers collègues,

Une bibliothèque n’est pas un équipement public comme un autre. C’est un lieu où se concrétisent des droits fondamentaux : le droit d’apprendre, de s’informer, de participer pleinement à la vie de la cité.

C’est pourquoi l’accessibilité est une condition de l’égalité.

La loi de 2005 nous rappelle cette exigence d’accessibilité universelle. Pourtant, plus de vingt ans après son adoption, le constat est sans appel : sur les 74 bibliothèques municipales parisiennes, seules 42 sont aujourd’hui accessibles aux personnes en situation de handicap.

Mais l’inclusion ne se résume pas à une rampe d’accès ou à un ascenseur. Elle suppose aussi que chacun puisse trouver une offre adaptée à ses besoins. C’est tout le sens des pôles « Sourds » et des pôles « Lire autrement. »

Or aujourd’hui, seuls cinq établissements disposent d’un pôle « Sourd » et seulement deux proposent un pôle « Lire autrement ». Cette offre reste concentrée dans quelques arrondissements, créant une véritable inégalité territoriale. Selon l’endroit où l’on habite à Paris, l’accès à une bibliothèque réellement inclusive est plus ou moins facile. Cette situation n’est pas acceptable.

L’inclusion ne doit pas dépendre d’un code postal.

Notre vœu est donc simple et réaliste. Nous demandons à la Ville de définir une stratégie de déploiement de ces dispositifs, avec un calendrier, un objectif clair de maillage territorial et les formations nécessaires pour les personnels.

Parce qu’une ville inclusive est une ville qui permet à chacun d’accéder au savoir, à la culture et à la lecture dans des conditions d’égalité. Parce que l’accessibilité est une question de dignité autant que de droits. Et parce qu’au fond, une bibliothèque qui s’adapte à toutes les différences est une bibliothèque qui remplit pleinement sa mission de service public.

J’espère donc que ce vœu, qui ne fait que traduire notre ambition commune d’une ville plus inclusive, pourra recueillir un large soutien.